Il était une fois dans l'ouest

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Titre original
C'era una volta il West 
Un film de
Sergio LEONE 
Genre
3 hommes et une femme  
Origine
Italie
Année de production
1968 
Durée
2h45 
Scénario
Dario Argento, Bernardo Bertolucci et Sergio Leone 
Production
Bino Cicogna et Fulvio Morsella 
Distribution
UIP 
Sortie France
25/03/1968 
 

Résumé

U

n homme appelé Harmonica, parce qu'il joue toujours de cet instrument, vient en aide à une jeune et jolie femme dont la nouvelle famille a été massacré par un homme véreux. Ce dernier avait également tué son frère plusieurs années auparavant. Le tout finira dans un duel décisif.

Distribution

Artiste Rôle
Charles BRONSON Harmonica
Claudia CARDINALE Jill McBain
Henry FONDA Frank
Jason ROBARDS Manuel 'Cheyenne' Gutierrez
 

Critique

par Noodles
Sa note : 10/10
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"

Il était une Fois dans l’Ouest", ou l’apogée de la mise en forme au cinéma… Qui ne saurait aujourd’hui fredonner l’air de l’harmonica qui accompagne tout le film ? Qui ne penserait pas à ce film en voyant un cache-poussière ? Quel cinéphile oublierait l’apparition d’un Henry Fonda, d’abord en silhouette dans la poussière de l’Ouest, puis dévoilé par un long et lent travelling, la caméra tournant autour de l’axe de sa tête, découvrant soudain son regard d’ange ? Qui ne se souvient pas de la merveilleuse scène d’ouverture, accompagnée du plus long générique de l’histoire du cinéma (12 minutes) ? Qui n’a pas été marqué à vie par ces superbes visages immobiles, filmés en gros plans, merveilleusement illuminés par l’admirable photographie d’un Tonino Delli Colli se surpassant ?

"Il était une Fois dans l’Ouest", c’est d’abord une mise en scène omniprésente, d’un baroque somptueux : gros plans, visages en amorces dans un coin de l’écran pour faire sentir la profondeur de champ, mouvements de grue qui font s’élever la caméra avec souplesse par dessus les déserts, villes, gares… C’est ensuite une musique. C’est peut-être aussi la quintessence de la musique de film : elle ne se contente pas ici d’accompagner le film, de donner une ambiance : cette ambiance, elle la donnait déjà lors du tournage. Non, elle porte le film, elle parle pour les personnages, elle raconte l’histoire aussi bien que les images. Encore pour la forme, "Il était une Fois dans l’Ouest" a aussi beaucoup marqué par les sons (typique du western italien, plus particulièrement chez Leone) : leur amplification, à la limite du parodique, le contraste qu’ils créent avec le silence qui les entourent… Toute cette mise en forme est si bien maîtrisée qu’elle suffirait à faire du film le plus grand western de tous les temps : aucun Ford, aucun Hawks, aucun Zinneman n’a jamais atteint ce niveau, au delà de la perfection. Mais si le spectateur ne s’arrêtait que là dessus en regardant le film, il passerait à coté de la moitié du film.

En effet, avec "Il était une Fois dans l’Ouest", Leone rend un hommage au western classique (par opposition au western italien et au western « réaliste » que devient le western américain depuis le début de la vague italienne). Cet hommage est d’abord visible très directement par l’abondance de références à des grands classiques du genre (citons, pèle mêle, Vera Cruz, Le Train sifflera trois Fois, Johnny Guitare…). Il décrit son œuvre comme un « ballet de morts » sur la base de cinq grands archétypes du Western américain (ce travail sur les mythes est indissociable de toute étude sérieuse sur Leone). D’où la lenteur du film, ainsi que son registre tragique : presque tous les personnages savent qu’ils vont mourir avant la fin du film, « alors ils prennent tout leur temps ». Ce ballet de morts n’est pas tant celui des personnages, mais des archétypes, et par là même celui du Western classique. C’est donc un hommage en forme d’enterrement que rend Leone. Mais il n’enterre pas seulement un genre cinématographique.

Il enterre aussi une certaine idée de l’Amérique. Le film est nourrit en plus d’une réflexion sociale. Leone enfant a vu l’Amérique comme dans un rêve, le rêve américain (qu’il détruira plus en profondeur dans son chef d’œuvre ultime, Il était une Fois en Amérique) : il a vu les soldats américains libérer l’Italie du fascisme ; mais il a ensuite été déçu par l’Amérique, il en a découvert une autre face, celle de l’opportunisme triomphant. Cette idée du rêve brisé est présente presque explicitement dans quelques dialogues du film, mais c’est surtout part la mort du mythe, écrasé par la civilisation corrompue par le capitalisme (on y retrouve d’ailleurs la marque d’un des scénaristes, Bernardo Bertolucci) que Leone nous communique sa déception. "Dans l’Ouest d’alors, c’était le chemin de fer qui sortait du canon des armes", disait Leone, qui a d’ailleurs transposé l’image par une très belle figure de style. Le chemin de fer est dans "Il était une Fois dans l’Ouest" non seulement l’allégorie banale de l’avancée de la civilisation, mais en plus la représentation de la toute puissance de l’argent. Ainsi, les personnages du films, qui pour la plupart symbolisent le vieil Ouest, se retrouvent inadaptés dans ce nouveau monde gouverné par l’argent et l’arrivisme, et meurent. Leone a d’ailleurs souvent comparé "Il était une Fois dans l’Ouest" à "L’Homme qui tua Liberty Valance", le film le plus pessimiste de John Ford, qui traite du même sujet ; il a même fait une analogie entre le sénateur de ce dernier film et Frank (Henry Fonda) de "Il était une Fois dans l’Ouest".

"Il était une Fois dans l’Ouest" est donc un film qui, en plus d’une forme admirable, possède un fond composé d’une double réflexion. Elle repose sur la mise en parallèle de la fin de l’Ouest sauvage (donc la fin des temps « héroïques ») avec la fin du western, et l’avancée de la civilisation avec le début du capitalisme. C’est un schéma devenu par la suite très classique dans le Western américain : bon nombre de westerns crépusculaires sont basés dessus, notamment l’œuvre de Peckinpah.

Récompenses

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Média

Note du film

Top 50
2ème
Note
8.3/10
Nombre de votes
216

Chiffres

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N'est plus en exploitation
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Budget
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