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E
n 1916, dans le petit village de Kirrary en Irlande, la fille du propriétaire de la taverne, Rosy, épouse Charles Shaughnessy, le maître d'école, son aîné de quinze ans.
Malheureusement, dès les premiers jours du mariage, son mari, bien qu'amoureux, ne lui donne pas les satisfactions que Rosy est en droit d'attendre. Déçue, Rosy entame une liaison occulte avec le major Randolph Doryan venu prendre le commandement d'une garnison de la région.
Mais 1916, c'est également l'année de l’insurrection de Pâques à Dublin contre l'occupant anglais.
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Sarah MILES | Rosy Ryan |
| Robert MITCHUM | Charles Shaughnessy |
| Trevor HOWARD | Père Collins |
I
nspiré par Madame Bovary, David Lean voulait rendre sur péllicules toute la puissance des émotions sur grand écran. Et pour cela, il n'a pas lésiné sur les moyens en utilisant au maximum des décors somptueux en cinémascope pour nous conter ce drame intime sur fonds de début de guerre civile en Irlande du Nord.
Film romantique par excellence, David Lean découle sur plus de 3H une beauté ensorcelante des paysages, avant même de traiter les psychologie des personnages. Car comme qui dirait le poête de la rue, cela n'est pas l'homme qui prend la nature, c'est la nature qui prend l'homme. Et même si près de 40 ans après, ces longues pauses (quasi-photographiques) sur la beauté des paysages (suicidaires pour le cinéma d'aujourd'hui) gardent toujours un impact visuel et émotionnel pour le spectateur. On se laisse envouter par ces belles images, et l'habile mélange des mélodies de Maurice Jarre avec les bruits de la nature sauvage.
Et face à la beauté des éléments, le réalisateur nous dévoile des anti-héros, des héros du quotidien qui traînent leur ennui, leurs souffrances, leurs angoisses et petites trahisons, faisant de ces héros proches de nous: du militaire revenu du gâchis guerrier avec une apathie totale, à la femme bernée par ses propres illusions sur l'amour, en manque de passion, au professeur humble et pudique, pensant bien faire, et devenant malgré lui un cocu magnifique.
Le réalisateur prend plaisir à méler setiments et nature, avec l'atmosphère désolée et pesante des lieux, plongeant les amants maudits dans de longs silences, et le professeur dans une impuissance paralysante jusqu'à ce que la tempête entraîne la foule en colère. David Lean prend aussi plaisir à montrer l'acte d'amour assez crument pour un film datant de 1970, et surtout pour un film romantique. La nudité éclate de blancheur dans les sous-bois. Les personnages se dévisagent sans se parler et la musique impressionniste de Jarre vient ajouter un trouble émotionnel dans la relation, surtout que derrière les va-et-vient incessants de l'officier anglais, nous percevons les arbres de la forêt, bougeant en rythme avec la respiration du couple; pour laisser surgir en fin, un soleil éclatant.
Cette scène est l'exemple même de la volonté du réalisateur d'unir les hommes à la nature difficile de cette irlande désolée. Et la tempête au large annonce la tempête dans la ville et surtout dans le couple. Les scènes finales sont captivantes. On méprise à la fois la belle ingénue, mais on la plaint, et tel son mari, en cocu magnifique, on lui pardonne; et comme le père Collins, nous ne pouvons offrir que notre doute sur la survie de ce couple déchiré.
C'est le film de référence pour Mylène Farmer et l'univers de ses vidéos-clips
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| lauréat | meilleur acteur dans un second rôle | John Mills |
| lauréat | meilleure photographie | Freddie Young |
| nomination | meilleure actrice | Sarah Miles |
| nomination | meilleur son | Gordon K. McCallum John Bramall |
| Résultat | Prix | Lauréat |
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| lauréat | meilleur acteur dans un second rôle | John Mills |
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