La Secrétaire

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Titre original
Secretary 
Un film de
Steven SHAINBERG 
Genre
L'amour du mâle  
Origine
Etats-Unis
Année de production
2002 
Durée
1h44 
Scénario
Erin Cressida Wilson et Steven Shainberg 
Production
Andrew Fierberg, Amy Hobby et Steven Shainberg 
Distribution
Metropolitan FilmExport 
Sortie France
04/06/2003 
 

Résumé

L

ee Holloway n'a pas vraiment tous les atouts de son côté lorsqu'elle vient solliciter un emploi de secrétaire auprès de l'avocat E. Edward Grey. D'une part, elle sort tout juste de l'hôpital psychiatrique où elle avait été internée. D'autre part, son retour dans sa famille "dérangée" l'a replongé dans son penchant pour l'auto-mutilation.

Bien qu'elle n'ait jamais tenu d'emploi de toute son existence, Lee est tout de même embauchée par Mr Grey. Au début, son travail est banal. Mais bientôt, entre taper à la machine, faire le café et classer les dossiers, une étrange relation obessionnelle se noue entre Lee et Mr Grey...Entre eux un secret erre...

Distribution

Artiste Rôle
Maggie GYLLENHAAL Lee Holloway
James SPADER Edward Grey
Lesley Ann WARREN Joan Holloway
Jeremy DAVIES Peter
Patrick BAUCHAU Dr. Twardon
 

Critique

par Serial Joker
Sa note : 8/10
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...

I

l y en a qui s'extase sur la "première gorgée de bière" (ou la première gorgée de...), moi après ce film, je reste en extase devant la première claque de la fessée magistrale donnée par James Spader sur cette pauvre Maggie Gyllenhaal. Certaines images vous restent à jamais graver dans votre mémoire de cinéphile et "La secrétaire" m'en a apporté beaucoup (en même temps que mon café et mes photocopies).

"La Secrétaire" est un film doucement dérangé comme le cinéma américain indépendant sait si bien le faire en nous contant une histoire d'amour gentiment tordue, avec des personnages iconoclastes hauts en couleurs tout en restant crédibles.

"La secrétaire" raconte donc l'histoire de cette fille paumée et relativement bornée qui a la fâcheuse tendance de se mutiler pour concrétiser sa douleur intérieure et son mal-être. Après quelques années de rééducation, elle décide de se prendre en main et de travailler comme "Secretary". Je le dis en anglais car, d'une part, cela a plus de gueule, et d'autre part, quand Maggie dit le mot "secretary", mon coeur frémit devant tant de candeur et d'espièglerie érotique ! J'adore quand elle dit : "I wanna be your secretary". Cela est quand même plus stylé que "I wanna be your dog", ou "je veux être votre secrétaire", non ?

Revenons à la trame de l'histoire, Lee fait donc la rencontre de son futur patron M. Edward Grey (James Spader), un avocat indépendant, froid et distant. Et c'est là que commence cette histoire d'amour originale et décalée sur le thème de la relation sado-masochiste. Elle aime avoir mal, il aime dominer. Ils sont fait pour s'entendre...

C'est donc une histoire d'amour fleur bleue fanée, voire un conte de fée moderne (un peu comme l'excellent "Freeway" avec Reese Witherspoon d'il y a quelques années). Je ne vais pas vous raconter la suite de l'histoire, allez plutôt voir le film ! Mais sachez qu'il détient tous les ingrédients que j'aime : de l'humour léger et décalé sur un sujet délicat (sans toutefois tomber dans le glauque et le sordide) des pulsions SM, de l'érotisme décalé, des silences qui en disent long, du voyeurisme, un peu de sexe, et surtout des scènes à la fois prude et osée qui sont plutôt l'apanage des films X, à savoir la masturbation féminine et l'éjaculation fessiale ! Ah ! Quelles belles images ! Et l'orgasme de Lee dans les toilettes (ou dans son lit en pensant à son mâle) est un pur joyau d'érotisme... un instant de bonheur qu'on aimerait partager plus souvent.

Mise à part ces 3 scènes qui refroidiront les plus prudes d'entre vous, vous tomberez (sans vous faire mal) sous le charme envoûtant de Lee (jouée par la MAGISTRALE Maggie Gyllenhaal !!!).

Son regard espiègle et paumé avec ses grands yeux candides, sa petite bouche, ses tics nerveux qui peu à peu disparaissent pour laisser place à une grande fille charmante et déterminée, est fantastique. Elle irradie le film avec sa douce folie. Je lui décerne sans contexte la palme d'or de la meilleure actrice de ce début de millénaire, palme que je lui donnerais volontiers à la manière de James Spader...

Tiens, en parlant de lui, il est excellent de sobriété : sa distance et sa peur de confronter ses sentiments à ceux des autres le mettent dans une tour d'ivoire de domination et de perversion. Son rôle est très ambigu et une bonne analyse de la sacro-sainte "Dialectique du maître et de l'esclave" de notre Hegel. Avec un rôle pareil, on repense à ceux de "Sexe, mensonges et vidéo" ou de "Crash", mais à mes yeux en mille fois mieux.

Ces deux fleurs du mal que sont Spader et Gyllenhaal s'ouvrent au fur et à mesure du film et nous dévoilent leur beauté intérieure, et leur excellente prestation d'acteur.

Au milieu de ce couple atypique, Jeremy Davies est excellent dans le rôle de ce jeune loser totalement névrosé, amoureux de la belle qui aime avoir mal. La mère de Lee, Lesley Ann Warren (la "Victoria" du film "Victor / Victoria") est aussi excellente en mère ultra possessive.

Bref, vous l'aurez compris, des rôles atypiques avec des acteurs excellents qui font que rien que pour ça, ce film est à voir.

Outre les acteurs et leurs rôles de doux-dingue à souhait, il y a aussi cette ambiance feutrée mise en scène par Steven Shainberg, qui dans toute la première partie du film, ne met pratiquement aucun fond sonore. C'est un procédé très particulier et risqué quand on sait que généralement, 50% de la qualité d'un film, c'est son fond sonore. Mais là, l'absence de fond est essentielle. Tout est en effet basé sur le silence, les regards, les tics normalement à peine perceptibles (reniflements, chuchotements et gestes) de Lee prennent toute leur ampleur. Et par ci, par là, quelques morceaux musicaux bien placés avec notamment l'excellent "I'm your man" de Léonard Cohen, et comme à son habitude, l'excellent musique jazzy d'Angelo Badalamenti.

"La secrétaire" est un film que l'on peut qualifier d'OFNI (Objet Filmé Non identifié), il est à voir absolument, malgré ses quelques imperfections.

Des petits trucs en plus

D'après l'oeuvre de Mary Gaitskill.

Un petit jeu pour vous: utilisez votre clavier et tapez un outrage à cette charmante secrétaire:

Récompenses

+ de récompenses

Festival de Sundance 2002
Résultat Prix Lauréat
lauréat Prix du Jury Steven Shainberg
 

Média

Note du film

Note
8.1/10
Nombre de votes
17

Chiffres

Box-office France
69 828
N'est plus en exploitation
? semaines d'exploitation enregistrées
Budget
-

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