Aller au contenu | Aller au menu | Politique d'accessibilité
Fiche consultée 2634 fois 
P
aris, 1943. Martin, ancien chauffeur de taxi, s'est lancé dans le marché noir en transportant de la viande la nuit dans les rues de la capitale. Lorsque son coéquipier se fait arrêter, Martin rencontre GrandGil, un artiste peintre qui accepte de l'aider. Mais son aide n'est pas des plus discrête... JAMBIER!!!!
...
"
JAMBIER! J'VEUX 2000 Francs": qui n'a pas entendu cette réplique tonitruante de Gabin, traversant le Paris occupé après le couvre-feu, les valises clandestines à la main, suivi par un pleutre de Bourvil...
Succès à l'époque, avec certainement les 3 meilleurs acteurs d'après-guerre dun cinéma Français (Gabin, Bourvil et De Funès), "La traversée de Paris" est toutefois un film cynique et à contre-courant de l'époque sur le thème de la vie sous l'occupation. Claude Autant Lara n'épargne personne et surtout pas ses compatriotes. En effet, On ne visite pas un Paris bientôt libéré mais un Paris oppressé, occupé. Les personnages principaux du film sont en effet apparentés à des collabos ou à des profiteurs de guerre. Le personnage du résistant et de tout autre héros luttant contre l'infamie nazie sont en effet absents de ce film. Pire encore, pour faire face à aux personnages (principaux) odieux, une multitude de personnages secondaires sont présentés comme des victimes sans défenses, des couards ou des personnes travaillant malgré eux pour l'occupant germanique.
Bref, une oeuvre cynique qui jeta un peu plus le trouble sur le profil du réalisateur, soupçonné de tendances pro-germaniques, ou du moins d'avoir profité largement du système durant la guerre. Mais Claude Autant-Lara s'amuse de tout cela, à croire qu'il s'identifie parfaitement au personnage de Grandgil joué par Gabin. A partir du scénario de Marcel Aymé, il est d'une méchanceté gratuite avec le personnage de Bourvil, et des français pleutres de l'époque.
Claude Autant-Lara est même sans remords dans la scène finale avec les pseudo-retrouvailles entre Bourvil et Gabin, qui humilie en peu plus le pauvre idiot. Grandgil est prospère et heureux, Marcel Martin l'est aussi, semble-t-il, mais porte toujours les valises pour les autres...
Cette aventure humaine aigre-douce reste toutefois un plaisir, tant les acteurs sont bons! L'interprétation de Bourvil est attachante, malgré une confrontation à sens unique de Gabin vers Bourvil. Cette cavale dans Paris avec de ces 2 monstres sacrés du cinéma est un must du cinéma français, et préfigure le couple irascible "Bourvil/De Funès". Et ce n'est étonnant que De Funès soit présent dans le film dans le rôle de Jambier, l'épicier du marché noir égorgeur de cochon. C'est le premier grand personnage créé par de Funès qui fera de l'acteur "un film à lui tout seul", même s'il devra patienter pour connaître la gloire.
Le summum de ce film est donc la scène anthologique entre Bouvril, Gabin et De Funès. Une séquence en sous-sol, cadré à la perfection avec un Gabin hurlant à tue-tête ses "JAMBIER" légendaires. Gabin est fantastique dans ce rôle de maître chanteur au-dessus de tous, gouailleur et débrouillard. Un Gabin aussi jovial que dans "Un singe en hiver", un plaisir!
Film en noir et blanc
| Haut de page | Contact | Politique d'accessibilité | Conception : Frédéric Bernier-Malcoiffe | Mentions légales