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A
lors que les scientifiques et les écologistes s'inquiètent du réchauffement important de la planète d'ici 50 ans, le climatologue Jack Hall découvre les prémisses d'un nouvel âge de glace, nettement moins drôle que le film d'animation du même nom. Jack tente de convaincre le gouvernement américain de la catastrophe, mais il est déjà trop tard... Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages: inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite.
Si Jack ne peut sauver le monde et que le gouvernement prend à la légère ses craintes, il fait tout pour sauver son fils Sam, qui est bloqué à New York où la température est déjà inférieure à - 20° C...
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Dennis QUAID | le professeur Jack Hall |
| Jake GYLLENHAAL | Sam Hall |
| Emmy ROSSUM | Laura Chapman |
| Jay O. SANDERS | Frank Harris |
| Ian HOLM | Terry Rapson |
| Kenneth WELSH | Vice-Président Becker |
...
L
e jour d'après le visionnage de "Le jour d'après", on peut affirmer qu'il n'y a rien de nouveau dans le genre "film catastrophe". Roland Emmerich nous avait pondu l'inénarrable "Independence Day", il réédite en changeant la source de la catastrophe. Adieu vaisseaux spatiaux, aliens et président super-héros. Bonjour cyclones, ère glaciaire et climatologue super-héros. Vous l'aurez compris : la menace vient toujours du ciel !
Nous disions donc qu'il s'agissait d'une structure formelle bateau pour le genre : des scènes de destruction impressionnantes, une trame scénaristique classique narrant les destinées de personnages séparés luttant contre l'adversité dans un élan fraternel émouvant, un plan sur un drapeau américain, un sauvetage de chien.
Les personnages sont anecdotiques mais on est content de retrouver de bons acteurs tels que Dennis Quaid, Emmy Rossum (surtout pour son joli minois aperçu dans "Mystic River") et Jake Gyllenhaal. Ce dernier est aussi lunaire que dans Donnie Darko (il aurait d'ailleurs été mieux sur la Lune que dans ce New-York congelé !).
L'intérêt de ce genre de film réside en la restitution la plus spectaculaire de la catastrophe. Et de ce point de vue, les effets spéciaux sont à couper le souffle. Les images approchent le photo-réalisme, grâce notamment à la numérisation des buildings de Los Angeles et New York. Ainsi ont pu être mise en scène des tornades de 400 km/h dévastant Los Angeles, propulsant les voitures dans les gratte-ciel et arrachant les lettres "Hollywood", mais aussi un raz-de-marée qui envahit New York et engloutit la statue de la Liberté...
Vous l'aurez compris, ne pas voir ce film dans une salle obscure est aussi limitant que de faire le tour du circuit de Magny-Cours au volant d'une 106 Kid.
C'est pas la fête en ce moment pour l'administration américaine en place. Après le pamphlet anti-Bush de Michael Moore, voici que ce blockbuster s'y met aussi. Eh oui, "Le jour d'après" propose un discours subversif ! Le 13 mars 2001, le président américain annonçait le refus des Etats-Unis de réglementer leurs émissions de gaz à effet de serre et leur rejet du Protocole de Kyoto. Genre, on s'en tape nous du changement climatique, ce qui importe c'est l'économie du pays. De même, les Etats-Unis tiennent les pays du Tiers-monde par le cordon de la bourse et n'ont de rapport avec ces pays qu'en terme économique et hégémonique. Sans vous dévoiler la fin, sachez que ces faits y sont mis à mal. Vous avez dit "Bowling for Emmerich" ?
C'est d'ailleurs ce message latent qui me semble le plus intéressant dans le film. Les images proposées sont impressionnantes et, même s'il s'agit de l'essence du film catastrophe que d'offrir des situations surréalistes -cf la soudaineté de la catastrophe-, tout ceci ne peut que sensibiliser le spectateur aux questions de l'environnement. Un blockbuster qui va faire des millions d'entrées dans le monde et diffuser un message écologique sous-jacent peut apparaître paradoxalement salvateur. Le visionnage aura sûrement autant d'effet dans l'inconscient collectif qu'une décennie de prise de position et de mise en garde, pourtant forte à propos, de Nicolas Hulot.
Malheureusement, le film n'est bien sûr pas didactique. Les causes de ce désastre planétaire ne sont certes pas éludées, mais réduites à la portion congrue. On croit suivre le cheminement intellectuel des climatologues dans leur tentative d'explication du phénomène. Mais ces apartés sont courts et difficiles à assimiler pour qui n'a pas fait une thèse sur la compréhension de la variabilité climatique en Afrique sub-saharienne, des échelles intra-saisonnières à décennales, et l'amélioration de la prévision statistique des précipitations saisonnières en Afrique de l'Ouest, Afrique de l'Est et Afrique australe...peut-être pas aussi pointue, tout de même !
Des calculs savants, des vues satellitaires sur des écrans d'ordinateurs pour en mettre plein la vue au spectateur...et c'est tout.
Point de discours préventif. Seules les conséquences, spectaculaires, y sont exposées.
Une machine à faire de la thune, pédagogique et militante. Est-ce possible ?
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