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E
n 1979, Michael Corleone est devenu un homme puissant. A l’age du bilan, Michael Corleone tente de se réhabiliter auprès des siens et de la société en obtenant le contrôle de la société Immobiliare, détenue par le Vatican. Mais les autres Familles de la Mafia veulent leur part et lui déclarent à nouveau la guerre. Vincent Mancini, son neveu, se range à ses côtés pour régler les comptes...
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Al PACINO | Michael 'Mike' Corleone |
| Andy GARCIA | Vincent Mancini-Corleone |
| Eli WALLACH | Don Altobello |
| Robert DUVALL | Tom Hagen |
| Bridget FONDA | Grace Hamilton |
| Diane KEATON | Kay Adams |
| Talia SHIRE | Constanzia 'Connie Corleone |
| John SAVAGE | Père Andrew Hagen |
...
R
éalisé plus de 15 ans après la version II de la saga, "le Parrain III" enfonce le clou définitivement !
On était passé du stade de la prise de pouvoir dans le "I", au doute dans le "II", le"III" sera la rédemption ou plutôt la tentative de cette rédemption qui n'arrivera jamais, selon l'adage bien connu que notre passé nous rattrape toujours...
Michaël Corleone, en 1979, vieillissant et fatigué, en proie cette fois à une culpabilité qui le dévore (l'assassinat de son frère), vient de recevoir la distinction pontificale la plus élevée, du fait des dons et aides consacrés aux oeuvres caricatives les plus diverses. En fait, cette distinction n'est pas gratuite dans l'esprit du Vatican. Michaël cherche à tous prix à racheter son passé violent, et l'Eglise propose à ce dernier de devenir parfaitementhonorable, en renflouant la banque papale carrément en faillite. Michaël accepte et met le pied dans un nid de scorpions à côté duquel la Mafia est un cocon maternel, car les politiciens d'extrème droite italiens ne sont pas loin et veulent se séparer de ce nouveau pape prénommé bizarrement Jean-Paul, premier du nom, qui ne régnera que le temps d'une lune...
Voilà en gros la trame extrèmement complexe de cette histoire, qui met un point d'orgue à achever avec flamboyance ce dernier et définitif volet du Parrain.
A ce qui a été évoqué plus haut, s'ajoutent aussi: un formidable retour aux sources en Sicile; une histoire d'amour entre la fille de Michaël et son cousin Vincent; la prise de pouvoir dans le clan Corléone, de la toute fragile Connie, femme battue du "Parrain I", devenue dorénavant femme de tête et de caractère...et en dernier, l'amour immodéré d'un père (toujours Michaël) pour ses 2 enfants qui pourtant lui échappent complètement (comme quoi, même un grand chef mafieux redouté par le monde entier peut avoir des problèmes avec ses moufflets...)
Certaines scènes sont inoubliables et paroxystiques: la procession religieuse et l'assassinat de Joey Zasa (toujours cet éternel obsession, chez Coppola, de la mort et de la religion en parallèle); la scène d'attaque de l'hélicoptère du congrès maffieux d'Atlantic City (clin d'oeil à "Apocalypse Now"); et enfin, la dernière demi-heure: un modèle du genre, montage alterné si cher à Coppola où simultanémént les scènes les plus diverses, s'accomplissent dans tant de lieux différents (opéra sicilien, empoisonnement d'un chef mafieux, meurtre de l'Archevèque au Vatican, assassinat du banquier suisse dans le train et sa pendaison sous un pont à Londres, exécution du politicien véreux avec ses propres lunettes plantées dans la gorge, tentative de complot contre Michaël en Sicile et la mort de Jean-Paul 1er...).
Tout cela réalisé par qui que ce soit d'autre n'aurait aucun sens, semblerait irréaliste, confus, bref bordélique.
Chez Coppola, tout est limpide, même si l'intrigue est extrèmement complexe comme toujours chez lui...Mais ceci est transmis avec une virtuosité confondante, une richesse époustouflante et un sens du baroque littéralement incroyable.
On reparle de l'interprétation?: Pacino est encore meilleur!, on n'oublie pas cette scène terrible, où sa fille tuée sous ses yeux, il hurle et aucun cri ne sort de sa bouche pendant des secondes qui ressemblent à des siècles; et sa fin, où "bouffé" par le diabète et aveugle, il s'écroule très vieux abandonné de tous, aux pieds de son chien; lui, qui a tué autant de gens, a été condamné à survivre avec le poids de ses remords, la maladie et le handicap en sus... Andy Garcia et Sofia Coppola, tous jeunes, jouent les romantiques de service. DianeKeaton est fabuleuse, comme à l'accoutumée... Et Talia Shire, soeur de Coppola à la ville, est stupéfiante par son changement, d'abords soumise, elle devient la Cassandre et la manipulatrice du clan...
Ainsi se termine "le Parrain", qui envoie aux oubliettes toutes les sagas à suite connues jusqu'alors, car Coppola a persévéré pour pousser à son terme, cette histoire d'une famille, maudite par excellence. Et la grande réussite, c'est d'avoir conservé pratiquement tous les protagonistes de sa genèse, et d'avoir su utiliser leur évolution physique et intellectuelle avec une maestria hors du commun.
Revoyez ce film, et cette scène où Pacino hurle, sa fille morte dans ses bras... ça devait parler à Coppola (voir page spéciale Francis Ford Coppola de Franck).
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| nomination | meilleur réalisateur | Francis Ford Coppola |
| nomination | meilleur acteur dans un second rôle | Andy Garcia |
| nomination | meilleur montage |
Walter Murch Barry Malkin Lisa Fruchtman |
| nomination | meilleure photographie | Gordon Willis |
| nomination | meilleurs décors |
Dean Tavoularis Gary Fettis |
| nomination | meilleure musique (chanson) |
Carmine Coppola John Bettis |
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