Les affranchis

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Titre original
Goodfellas 
Un film de
Martin SCORSESE 
Genre
apprentis maffieux  
Origine
Etats-Unis
Année de production
1990 
Durée
2h25 
Scénario
Nicholas Pileggi et Martin Scorsese 
Production
Irwin Winkler 
Distribution
Warner Bros. 
Sortie France
12/09/1990 
 

Résumé

N

é en 1943 de père irlandais et de mère sicilienne, Henry Hill a très vite découvert sa vocation très précocement: il sera gangster. Adopté par James Conway, un des pontes de la mafia, il se fera vite un nom en suivant la voie classique des hold-up et des règlements de comptes... Tout se passe pour le mieux jusqu'à ce que les affaires de drogues prennent le pas sur les affaires "normales".

Distribution

Artiste Rôle
Robert DE NIRO Jimmy Conway
Joe PESCI Tommy DeVito
Ray LIOTTA Henry Hill
Lorraine BRACCO Karen Hill
 

Critique

par Laurent
Sa note : 9/10
Ses 4 autres avis
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...

"

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être un gangster.". Dans cette phrase laconique est présent tout le film, mélange d'ironie et de destinée inévitable. Car la vie de Henry Hill a été toute tracée dès l'enfance quand il observait hébété les agissements de la mafia sous ses fenêtres. Pour un jeune comme lui, ce monde ressemblait à un conte de fée permanent.

Le film raconte comment il va transformer ce conte de fées en cauchemar par mépris des règles élémentaires du Milieu. Avec l'habileté d'un orfèvre, Scorsese nous prend par la main pour nous présenter tous les rouages de ce drôle d'univers. Un univers que l'on avait quitté dans le sang, avec sa description qui donnait froid dans le dos, dans la série de Francis Coppola The Godfather (Le Parrain). Ici, ce n'est pas le même regard. Scorsese nous présente un monde logique, ordonné, plutôt calme même. Parfois, bien sûr, il faut remettre les choses à leur place, et il peut y avoir des dégâts.

Mais là où Coppola nous présentait un univers violent et sans sentiments, Scorsese nous démontre que le but premier de la mafia n'est pas d'abattre froidement quelqu'un de plusieurs balles, mais bien de gagner le maximum d'argent. Alors, oui, si un rouage est grippé, il faut faire sauter le maillon qui pose problème, mais tout est droit, orchestré, et même, osons le terme, séduisant. On peut donc imaginer ce qui a pu se passer dans la tête du jeune Hill quand il regardait cela du haut de ses 13 ans. Ensuite, dans The Godfather, le monde de la mafia était essentiellement masculin. On s'aperçoit dans "Les affranchis" que la femme a aussi une importance considérable, et que lorsque des petits ennuis arrivent au couple Hill, c'est le chef de famille lui-même qui vient tenter de résoudre les problèmes.

Lorsque Martin Scorsese a lu le livre de Nicholas Pilleggi, il s'est rendu compte que c'était l'occasion de refaire un film de gangster, genre qu'il avait déjà longuement abordé ("Who's that...", "Boxcar Bertha", "Mean Streets" et même "Raging Bull" par certains aspects), mais il tenait là un nouvel angle très intéressant à développer. Ainsi, après de longues années passées, pendant lesquelles il réalisait "After Hours", "The Last Temptation of Christ", "New York Stories", il mit en scène ce pur chef d'oeuvre à ranger au coté des plus grands classiques du genre.

Il inaugure également avec "Les affranchis" un nouveau style de narration qu'il s'emploiera à renouveler et amplifier dans The age of innocence et Casino. Sur le principe d'une voix off, on assiste à une saga familiale (dans le sens général du terme) ou la virtuosité du cinéaste et le génie de l'interprétation nous remplissent d'un bonheur sans égal. On savait Scorsese remarquable réalisateur, mais il nous dévoile encore un talent incroyable quand il s'agit de conduire une narration. Les séquences se suivent comme autant de morceaux de bravoures. Le sommet arrivant à la fin, lors de cette scène géniale ou le réalisateur décrit toute une journée qui se terminera bien mal pour notre héros. Dans cette scène, le voyage en image s'effectuera également en musique pour ce qui est certainement l'un des plus formidable montage sonore du cinéma, ou pas moins de 8 chansons s'enchaînent à un rythme infernal.

Au niveau interprétation, le spectateur s'en donne à coeur joie. Jusque là, les films de Scorsese étaient centralisés sur un, voire deux personnages centraux. Ici, c'est une véritable suite de personnages principaux qui nous est donné d'apprécier. S'il est vrai que la performance de Ray Liotta est remarquable (il trouve ici le rôle que son talent méritait), on ne peut s'empêcher d'énumérer les autres acteurs des rôles principaux : Robert De Niro, d'un froid glacial, Joe Pesci, toujours aussi énervé, Paul Sorvino, en parrain de la mafia plus calme qu'un joueur d'échec mais avec un regard dans lequel on devine une détermination sans faille. Je terminerai par la formidable Lorraine Bracco, que l'on voit peut au cinéma, mais qui fait preuve dans sa composition, d'une qualité de jeu exceptionnelle, en femme victime de la destinée de son mari.

Sommet du cinéma scorsesien, "Les affranchis" aborde les thèmes chers au cinéaste : Le pouvoir de la famille (au sens large) qui montre que si l'on essaie d'aller à contre sens, tout s'écroule. La religion, car Henry Hill est tel le Judas de The last temptation of Christ, fasciné par un monde qu'il essaie de comprendre, et torturé par le devoir de vendre ses propres amis, non pas pour 30 deniers, mais pour le droit de devenir cet être qu'il déteste le plus au monde, "un plouc". La violence, ici présente de manière brutale, primaire, mais aussi régie selon certaines règles - le personnage de Joe Pesci est exécuté d'une balle dans la tête pour que sa dépouille ne puisse pas être exhibée à l'enterrement.

Vous l'aurez compris, si l'oeuvre entière de Martin Scorsese est intéressante dans son ensemble, on peut détacher certains films clés que l'on se doit d'avoir vu, parmi lesquels "Les affranchis" trouve une place de choix.

Des petits trucs en plus

Interdit au moins de 16 ans à sa sortie en salles.

Considéré comme l'un des 50 meilleurs films de tous les temps (source IMdB)

Récompenses

+ de récompenses

César 1991
Résultat Prix Lauréat
nomination meilleur film étranger Martin Scorsese
Oscar 1991
Résultat Prix Lauréat
lauréat meilleur acteur dans un second rôle Joe Pesci
nomination meilleur film Irwin Winkler
nomination meilleure actrice Lorraine Bracco
nomination meilleur scénario (adaptation) Nicholas Pileggi
Martin Scorsese
nomination meilleur montage Thelma Schoonmaker
BAFTA Award (César anglais) 1991
Résultat Prix Lauréat
lauréat meilleur réalisateur Martin Scorsese
lauréat meilleur film
lauréat meilleur montage Thelma Schoonmaker
lauréat meilleurs costumes Richard Bruno
 

Média

Note du film

Top 50
6ème
Note
8.3/10
Nombre de votes
52

Chiffres

Box-office France
976 346
N'est plus en exploitation
? semaines d'exploitation enregistrées
Budget
25 M$

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