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Q
uelque part dans les Alpes, Niémans (Réno) enquête sur un meurtre particulièrement immonde : un homme ligoté dans la position foetale et couvert de plaies. A deux cents bornes de là, le jeune Kerkérian (Cassel), nouvellement en poste, enquête sur la profanation de la sépulture d'une fillette morte vingt ans plus tôt. Les deux policiers vont converger vers le même lieu : une fac d'élite, qui vit en autarcie.
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Jean RÉNO | Pierre Niemans |
| Vincent CASSEL | Max Kerkerian |
| Nadia FARÈS | Fanny Ferreira |
| Philippe NAHON | Homme à la station service |
| Jean-Pierre CASSEL | Dr. Bernard Chernezé |
| François LEVANTAL | Le pathologiste |
...
Q
uand la rivière coule pourpre, l'homme sage prend le chemin boueux. Et c'est ce que j'aurais dû faire. Attention, je suis fâché, et j'ai pris la résolution suivante : maintenant quand je suis fâché, JE RACONTE LA FIN!!! Le film commence plutôt bien, dans une ambiance glauque la caméra survole le cadavre ligoté. Ensuite, vue aérienne en hélico au-dessus des Alpes. C'est pas mal fait. L'ambiance semble promettre un Se7en voire un Silence des Agneaux. Mais plus le film avance, plus tu te rends compte d'un truc : la véritable ambition de Kassovitz ne s'arrête pas à de si basses considérations. Car voyez-vous, Mesdames, Messieurs, ce grand réalisateur prouve enfin à la face du monde que oui, la France, notre France, la vraie, l'éternelle, est capable de faire d'aussi grosses bouses qu'Hollywood. Allez Louya! Bonjour la gueule de l'exception culturelle. J'ai tellement de venin contre cette merde (rhââ ça me rend vulgaire, j'aime pas ça) que je sais pas pour où commencer. Je sens que ça va être du vrac.
Mais qu'est-ce que c'est que cette escroquerie??? Du début à la fin, on a droit aux pires clichés (je dis bien les pires) du film de serial killer. La plus grosse de toutes : l'invention d'un nouveau type de tueur complètement bidon, juste histoire de faire croire que le film innove. Car en vérité je vous le dis, le tueur N'EST PAS un banal "tueur en série" mais un "pisteur", dixit Niémans avec une voix très concernée. Grangé*, tu m'expliqueras la différence, s'il-te-plaît (on peut rêver). Et vas-y donc que je te file des indices en veux-tu en voilà. Chaque fois Niémans est guidé par la belle Fanny (Farès), qui fait partie de la fac mais pas vraiment, c'est une rebelle, j'veux dire. Et soudain vient à l'esprit de Niémans ce que tout le monde a compris depuis un bon quart d'heure : mais si c'était elle le pisteur? Et comme Kasso et Grangé se sont aperçu un peu tard que le public était pas si con, ils se sont dit : tiens, on va mettre un putain de coup de théâtre à la fin, ils vont tous être sur le cul, p'tain ouais, ouarf! ouarf! Et pouffe! ils lui inventent une soeur jumelle (j'avais dit que je raconterai la fin). Entre temps, on a droit (dans le désordre) à un pétage de plomb de Réno, à la confrontation vieux loup/jeune chien fou comme dans Se7en, une bonne soeur qui a fait voeu de ténèbre (ça existe ça?) mais qu'on voit quand même, la description d'une faculté complètement élitiste, l'invention d'un obscur bureau de la criminelle (dont fait partie Niémans) pour faire comme si on avait un FBI, l'indispensable poursuite en bagnole avec rescapage des héros, la phobie des chiens de Niémans (quand le héros a une phobie, ça le rend humain, c'est dans tous les manuels de scénario), la grosse baston dans la neige entre les Jedi Niémans et Kerkérian** et la méchante jumelle. C'est marrant, la conclusion du film, c'est en fait que cette mystérieuse fac est un laboratoire à nazis, qui font des croisements entre les jeunes élites de la nation afin de créer une race pure. Et d'une, c'est complètement dépassé, parce qu'aujourd'hui, on peut raisonnablement penser qu'ils s'intéressent plutôt aux manipulations génétiques. Et de deux, Kassovitz se met lui-même sur la sellette, car ce qu'il vient de réaliser est bien le croisement de Resurrection (avec Cricri Lambert) et du Gendarme de Saint-Tropez, vu la sempiternelle image qu'il donne des "petits" flics et des gendarmes.
La seule scène à sauver n'a aucun lien avec l'intrigue. C'est une scène de kung-fu totalement gratuite, mais impeccablement chorégraphiée et filmée, entre Vincent Cassel et une bande de pseudo-skins (ils ont les cheveux longs!!), sur fond de musique de jeu vidéo de baston. Ca c'est pour prouver qu'en France on peut faire aussi bien que Matrix. Ah oui! j'oubliais la musique : omniprésente, omniforte, omnicasse-couilles.
Pourtant c'est filmé efficacement. Mais comment le mec qui a réalisé un aussi bon film que La haine - et à qui on peut encore pardonner la maladresse d'Assassin(s) - a-t-il pu tomber aussi bas? Et bien c'est très simple, la réponse est DANS le film. Mathieu Kassovitz a un frère jumeau qui s'est fait passer pour lui et qui a berné tout le monde : le pitoyable frère jumeau de Jean Réno, et le frère jumeau excité de Vincent Cassel. Seule Nadia Farès est vraie là-dedans. Quel jeu magnifique : 1) je fronce les sourcils et je fais la gueule pour jouer Fanny ; 2) je fronce les sourcils méchamment et je serre mes mâchoires pleines de sang pour jouer sa vile frangine. Et je cours vite.
Ca m'énerve, à chaque fois j'écris davantage de lignes sur les daubes que sur les films que j'ai z'aimés. Tu y vas si tu veux, à tes risques et périls, ou alors au second degré peut-être...
* auteur du roman et co-"scénariste" du film avec Kassovitz. Alors entre une littérature qui veut faire du Thomas Harris et un cinéma qui veut faire du Spielberg, où va-t-on, j'vous l'demande, où va-t-on?
** un nom très "France terre d'accueil", à consonnance mi-bretonne, mi-arménienne.
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| nomination | meilleur réalisateur | Mathieu Kassovitz |
| nomination | meilleur montage | Maryline Monthieux |
| nomination | meilleure photographie | Thierry Arbogast |
| nomination | meilleure musique | Bruno Coulais |
| nomination | meilleur son |
Cyril Holtz Vincent Tulli |
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