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Fiche consultée 863 fois 
A
ncien héros de guerre s'étant reconverti dans le braquage de banque, et malgré le sauvetage de président des Etats-Unis lors du fameux NY 97, Snake Plissken est retourné en prison. Le voilà transféré sur les abords de l'île de Los Angeles, devenue depuis le grand tremblement de terre une prison dans laquelle sont parachutés tous les opposants au régime totalitaire américain régnant sur une grande partie du monde.
Mais comme l'histoire ne se répète jamais, on l'oblige ce coup-ci à retrouver, non pas le président, mais sa fille, qui est partie retrouver Cuervo Jones, le chef des exilés de l'île, avec en sa possession une toute nouvelle arme électromagnétique pouvant rendre inutilisable tout objet manufacturé...
Snake est de retour.
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Kurt RUSSELL | Snake Plissken |
| Georges CORRAFACE | Cuervo Jones |
| Stacy KEACH | Malloy |
| Steve BUSCEMI | Eddie |
| Pam GRIER | Hershe Las Palmas |
| Valeria GOLINO | Taslima |
| Bruce CAMPBELL | Le chirurgien de Beverly Hills |
| Leland ORSER | Test Tube |
...
L
e cinéma de John Carpenter souffre d'un complexe oedipien avec Hollywood: avec peu de moyens (sans budget), il arrive à vous faire frémir comme jamais et attire (malgré lui?) les convoitises des producteurs hollywoodiens (exemple: halloween 1, le prince des ténèbres, vampires). Et avec beaucoup de moyens, il en arrive à saborder lui-même son travail, tant la pression des producteurs l'énervent...
Destinés à être l'un des blockbuster de l'été 96 aux USA, le film a été vite saboté par la faillite de la boite d'effets spéciaux lors de la post-production (c'est-à-dire une fois que les scènes aient été tournés). Du coup, John Carpenter a dû refaire à la va-vite ses propres effets et faire avec.
, et il en a profité pour régler une fois de plus ses comptes avec les studios hollywoodiens.
c'est que nous convie John Carpenter.
Là, avec ce L.A. 2013, ne vous étonnez pas de découvrir un "Los Angeles 2013" très western spaghetti, avec ce côté décalé, voire has-been par moment. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de revoir les quelques idoles du passé: Peter Fonda, Pam Grier et Stacy Keach.
Il faut dire que les producteurs ont demandé au réalisateur de refaire son plus grand succès, et c'est ce qu'il a fait. Ce n'est pas vraiment une suite, c'est presque un remake d'une histoire déjà connue, à croire que "plus les choses changent plus elles restent les mêmes" comme le dit Snake Pilssen. L'écriture de ce film et son tournage ont été un véritable jeu du chat et de la souris entre la production, le cinéaste et Kurt Russell (qui a participé activement au scénario). Inutile de dire que le personnage de Snake Plissken est comme John Carpenter: il doit refaire ce qu'il a déjà fait et n'a aucune envie de reproduire l'exploit. Il le fera juste par dilettantisme, et qu'il est bien obligé de le faire, sinon c'est la mort qui l'attend (et pour le réalisateur, aucun nouveau budget possible avant longtemps).
John Carpenter et son ami Kurt Russell en profitent pour tirer à boulet rouge sur Hollywood, (je vous invite à écouter la version commentée par nos deux compères sur le DVD de "Jack Burton dans les griffes du mandarin" où ils expliquent en long en large et en travers les inepsies des producteurs hollywoodiens durant un tournage.), et ils n'y vont pas de mains mortes. On connaissait déjà les paraboles politiques du réalisateur. Là, il n'y va pas par quatre chemins: tout y passe, la chirurgie esthétique, le sport-business, les politiques, les révolutionnaires alter mondialistes, les riches, les pauvres, les policiers, les militaires, etc.
C'est un film totalement subversif, un petit pamphlet politique bourrés d'action, d'humour et de clin d'oeil. John Carpenter démontre une fois de plus que le gouvernement américain court à sa perte, qu'il gâche ce qu'il a de plus beau, de plus cher, au profit de profits mirifiques à court terme, mais illusoires à long terme. Dans le film, Les USA est un pays où il est interdit de fumer, et où drogue, alcool, sexe en dehors du mariage, gros mots et viande rouge sont interdits (n'est-ce pas le paradis Bushien qui nous est conté là avec quelques années d'avance?).
Cette petite bataille en règle débouche malheureusement sur le côté trop décalé du film, trop intelligent pour le spectateur, en grand écart entre la contestation politique, le mépris des producteurs, l'objectif de faire un remake et une suite, et au final faire de l'argent. A croire que John Carpenter préférerait un monde analogue à la conclusion (originale) de "Los Angeles 2013"...
En fin de compte, pour apprécier au mieux ce "Los Angeles 2013", il est nécessaire de se brancher sur le deuxième degré, et de fermer les yeux sur les quelques effets spéciaux totalement ratés (voir $1), et enfin, d'avoir revu quelques temps auparavant "New-York 1997", pour bien voir toute l'intelligence du remake part rapport à l'original.
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