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J
immy Markum, Dave Boyle et Sean Devine ont grandi ensemble dans les rues de Boston. Rien ne semblait devoir altérer le cours de leur amitié jusqu'au jour où Dave se fit enlever par un inconnu sous les yeux de ses amis. Leur complicité juvénile ne résista pas à un tel événement et leurs chemins se séparèrent inéluctablement.
Jimmy sombra pendant quelque temps dans la délinquance, Sean s'engagea dans la police, Dave se replia sur lui-même, se contenta de petits boulots et vécut durant plusieurs années avec sa mère avant d'épouser Celeste.
Une nouvelle tragédie rapproche soudain les trois hommes : Katie, la fille de Jimmy, est retrouvée morte au fond d'un fossé. Le père endeuillé ne rêve plus que d'une chose : se venger. Et sa vengeance semble liée de très près au passé douloureux de ces 3 hommes.
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Kevin BACON | Sean Devine |
| Sean PENN | Jimmy Markum |
| Tim ROBBINS | Dave Boyle |
| Laura LINNEY | Annabeth Markum |
| Laurence FISHBURNE | Whitey Powers |
| Marcia GAY HARDEN | Celeste Boyle |
| Emmy ROSSUM | Katie |
| Spencer Treat CLARK | Silent Ray |
| Eli WALLACH | Mr. Loonie |
...
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b>Désespoirs, larmes et ténèbres. Le dernier film de Clint Eastwood ne laisse que bien peu de lumière pénétrer dans ce tissu de vies traumatisées. Dave a construit tant bien que mal, avec Céleste (Marcia Gay Harden), une famille sur la ruine de son enfance décapitée.
Jimmy est un écorché vif, ancien taulard, qui reporte sur ses filles un amour déboussolé et anarchique. Quant à Sean qui, des trois, semble au premier abord avoir le mieux négocié le passage à l'état adulte, il reçoit en permanence des coups de téléphones muets de sa femme qui l'a quitté sans qu'il en sache la raison. Le drame vécu par Jimmy fait resurgir les fantômes de ce passé que personne n'a réussi à apaiser.
Traumatisme physique chez l'un, culpabilité larvée chez les deux autres. La pudeur et la compassion sont deux grandes qualités communes aux films majeurs de Clint Eastwood, au premier rang desquels brillent "Un monde parfait", "Sur la route de Madison" et ce dernier. En revanche, "Mystic river" est, à plusieurs points de vue, l'antithèse du second.
Entre Robert Kincaid et Francesca Johnson, toute l'intensité du drame était contenue dans les regards, dans les silences. L'introversion était reine. Ici, la violence intérieure générée par les événements explose. Les visages, surtout dans le cas de Jimmy, livrent sans fard les ravages que la personnalité subit. Et, paradoxalement, tandis que "Sur la route de Madison" affichait une apparente sérénité, pour se clore sur un désespoir muet, contenu, pire que la mort, "Mystic river", qui nous entraîne pendant cent trente minutes dans le cloaque des haines, des non-dits, des souffrances, voit son finale quasiment illuminé par la sublime déclaration d'amour et de confiance, d'une élévation proprement mystique, qu'Annabeth Markum (Laura Linney) offre à son mari Jimmy.
Commencé classiquement, d'une manière presque banale dans son introduction, l'oeuvre s'élève petit à petit vers une méditation sur les liens invisibles qui sont irrémédiablement tissés entre les destins.
L'indépendance qui s'établit, volontairement ou non, entre les vies, n'est jamais victorieuse lorsque le destin en a décidé autrement. Illustration magistrale et sombre des rapports karmiques, dont est conscient Jimmy lorsqu'il dit à sa fille morte, avant de connaître la vérité, ces paroles prémonitoires : "Je sais dans mon coeur que j'ai contribué à ta mort, mais je ne sais pas comment...".
Et, une fois passé ce souffle dévastateur qui, à l'instar de la carte XIII du Tarot de Marseille ("L'Arcane sans nom") rase ce qui doit être éliminé parce que n'étant plus susceptible d'évoluer, naît un monde nouveau qui, sans doute, aura transmuté les valeurs de vie. Que dire de ces trois acteurs, sinon qu'ils ont pénétré la chair de leurs personnages tourmentés et que Tim Robbins et Sean Penn, dans des registres différents, sont grandioses et inoubliables.
L'avancement en âge réussit décidément merveilleusement bien à Clint Eastwood! Qui aurait pu deviner, en visualisant, il y a quarante ans, le Joe de "Pour une poignée de dollars", qu'il nous livrerait aujourd'hui cette méditation à la fois crépusculaire et illuminée?
En compétition officielle au Festival de Cannes 2003.
D'après l'oeuvre homonyme de Dennis Lehane
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| lauréat | meilleur film étranger | Clint Eastwood |
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| lauréat | meilleur acteur | Sean Penn |
| lauréat | meilleur acteur dans un second rôle | Tim Robbins |
| nomination | meilleur réalisateur | Clint Eastwood |
| nomination | meilleur film | Clint Eastwood |
| nomination | meilleure actrice dans un second rôle | Marcia Gay Harden |
| nomination | meilleur scénario (adaptation) | Brian Helgeland |
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| lauréat | meilleur réalisateur | Clint Eastwood |
| Résultat | Prix | Lauréat |
|---|---|---|
| lauréat | meilleur acteur | Sean Penn |
| lauréat | meilleur acteur dans un second rôle | Tim Robbins |
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