Aller au contenu | Aller au menu | Politique d'accessibilité
Fiche consultée 3298 fois 
D
urant l'époque de la ruée vers l'or, une communauté de mineurs indépendants résiste au tyran Coy LaHood, qui convoite leur rivière. Elle reçoit une aide miraculeuse en la personne d'un cavalier solitaire, vétu en pasteur, qui prend leur défense et s'avère être un redoutable tireur qu'aucun sentiment ne saura détourner de sa route. Lorsque la veste du pasteur est impénétrable, les méchants n'ont qu'à bien se tenir...
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Clint EASTWOOD | Le Pasteur |
| Carrie SNODGRESS | Sarah Wheeler |
| Michael MORIARTY | Hull Barret |
| Richard A. DYSART | Coy LaHood |
| Chris PENN | Josh LaHood |
...
R
éalisé neuf ans après son dernier western ("Josey Wales"), "Pale Rider" est un genre cinématographique un peu anachronique en plein milieu des années 80 mais certainement le plus abouti, avant le crépusculaire "impitoyable". Le film est un authentique remake, non avoué mais très clairement identifiable, de "L'Homme des vallées perdues" (1953) de George Stevens: les petits fermiers du film de Stevens, menacés par un grand éleveur désireux de s'approprier leurs terres, sont ici remplacés par de modestes chercheurs d'or, dont les concessions sont convoitées par le puissant Coy LaHood, qui exploite lui-même le minerai de manière industrielle.
Le choix d'Eastwood de reprendre avec tant de fidélité, non seulement la trame générale et les personnages principaux est évidemment tout sauf anodin. En effet, Sergio Leone lui-même avait donné vie à l'Homme sans nom en faisant référence à l'homme des vallées perdues de George Stevens... La boucle est bouclée. Après avoir donné dans "Josey Wales" un passé à l'Homme sans nom, une vie antérieure qui prenne en compte son inscription dans l'histoire américaine, Clint Eastwood s'efforce de faire réapparaître la figure qui, dans le cinéma américain, peut sembler être la matrice de son propre personnage de cow-boy. A la seule différence est que ce retour à l'écran est plus fantomatique: le chevalier noir sur une monture pale comme la mort.
Il est la mort personnifiée qui défend paradoxelement les faibles et les vivants. Cette aspect fantomatique est poussée à l'extrême par l'invulnérabilité du Pasteur dans le réglement de compte final où il apparait partout sans être vraiment là, abattant l'un après l'autre chacun des six suppléants en un endroit différent de la ville. Enfin, la sérénité avec laquelle il part, alors que tout le monde peut l'abattre apporte le halo du revenant sur sa silhouette. Pale Rider est un western fantomatique et anachronique dans le cinéma des années 80, qu'il enterrera définitivement avec "Impitoyable".
Sentenza
Critique largement inspirée de celle de Jean-Etienne PIERI disponible sur son site l'art d'aimer.
| Haut de page | Contact | Politique d'accessibilité | Conception : Frédéric Bernier-Malcoiffe | Mentions légales