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D
eux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux, ainsi qu'une personne de leur entourage...
Voici l'une des situations imagnées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté un jour.
Le détective David Tapp est chargé de l'enquête...
| Artiste | Rôle |
|---|---|
| Leigh WHANNELL | Adam |
| Cary ELWES | Docteur Lawrence Gordon |
| Danny GLOVER | Détective David Tapp |
| Monica POTTER | Alison Gordon |
...
V
ous aimez les huis clos, les atmosphères malsaines et l'ombre d'un serial-killer sans visage: et bien "Saw" est pour vous.
D'un Machiavélisme (avec un grand M s'il vous plait!) à couper le souflle, "Saw" vous emmènera dans l'univers glauque du petit cousin du tueur de "Se7en".
Ici, le tueur a une quête mystique où il tente de révéler à ses victimes le terrible choix de la vie: vivre ou mourir, où plutôt tuer ou mourir. Car les victimes sont invités à devenir des criminels en puissance s'ils veulent survivre: ils doivent tuer leur comparse pour s'en sortir. Ce n'est donc pas le serial-killer qui annihile les victimes, ce sont les victimes mêmes qui le font.
Machiavélique est donc l'adjectif qui qualifie le plus ce film. Les 2 scénaristes nous mènent par le bout du nez et nous fait plonger pieds et mains liés dans ce petit jeu bien étrange: le scénario est parfait. Utilisant des flash-backs comme des pièces de puzzle, on découvre peu à peu l'histoire des protagonistes et des liens qui existent entre eux pour tisser en finalité la toile du funeste destin auquel ils sont liés par une mort prochaine. L'intrigue est captivante et d'une grande inventivité dans l'horreur viscérale. La référence à "Se7en" est très forte par les décors glauques dans lesquels sont plongés les victimes: égouts et autres bas-fond de nos sociétés post-industrielles, mais aussi bains d'hémoglobines forcées où l'une des victimes est même forcée à dépecer les intestins de son compagnon d'infortune afin de trouver la clé de la délivrance, alors qu'une autre victime se verra forcer à chercher dans les fins fonds d'un chiotte qui n'a pas été récuré depuis un demi-siècle... Bref, des images fortes en sensations pour bien faire comprendre aux victimes qu'ils sont vraiment dans la merde.
Cette imagerie apocalyptique n'est donc pas pour âmes sensibles... ceux qui avaient tourné de l'oeil en imaginant ce qu'il y avait dans la boîte du tueur de "Se7en" vont devoir se révulser les yeux une bonne partie du film. Pour les amateurs du genre, ils vont se régaler, mais de là à le déclarer interdit au moins de 16 ans, c'est un peu fort. C'est surtout l'aspect malsain et machiavélique du film qui dérange plus que l'aspect gore. J'ai d'ailleurs rarement vu une poupée (ou plutôt pantin) aussi malsaine et dérangeante. Le travail artistique autour du film est donc remarquable et ue véritable prouesse pour une première oeuvre.
James Wan, qui réalise ici son premier film, ne cache pas ses influences: David Fincher comme je l'ai déjà indiqué, mais aussi le grand maître de l'horreur Dario Argento. Les quelques clichés faciles du film sont toutefois vite oubliés par la maîtrise de l'image et du scénario. Le scénario se permet même d'ouvrir des fausses pistes où d'éventuelles erreurs ou indices qui font croire qu'il y a une fêlure dans l'histoire. Mais non, tout est tissé de fil d'or par le serial killer dominant ses sujets jusqu'aux bouts des ongles. Le final est excellent, fort bien vu, et pour une fois sort des sentiers battus des studios hollywoodiens.
Pour toutes ces raisons, "Saw" est à voir absolument, car nous avons là 2 jeunes scénaristes à forte valeur ajoutée. Espérons qu'ils ne deviennent pas aussi mou du cerveau que les 2 grands espoirs du cinéma américain des années 90: l'affligeant Ben Affleck et le "bon sans plus" Matt Damon.
Interdit au moins de 12 à sa sortie en salles.
Présenté hors compétition au festival de Sundance 2004
Musique de Charlie Clouser et Danny Lohner, 2 des musiciens de Nine Inch Nails.
Différentes affiches ont été faites pour le film, en voici les principales:
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